Kitoko Djaz

Kitoko Djaz de Benoît Kongbo (roman)

Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon oeil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa.»

colonQuand Benoît Kongbo part en voyage au Cameroun voisin ce n’est pas seulement pour flâner : il emmène ces personnages dans des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango, sa langue maternelle. Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguster sans modération. Kitoko est un voyage dans la domestication de la francophonie. Un véritable travail sur le français des Afriques francophones et ses particularités lexicales.
Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…

Et moi Djaz je boucle ce roman en parlant que c’est quand je suis enfin Kitoko dans le ventre de Benoît Kongbo qu’il regagne tranquillement L’Assoumière où il se remet devant l’ordi pour composer sur place au Camer le plus gros de ce bouquin qui n’est que les premières ébauches d’une écriture qui colonisera la langue française qui sauvage maaal dans la Coupole.

Benoît Kongbo :

BENOIT KONGBO 12Né le 05 septembre 1979, décédé le 11 mars 2013 des suites d’une maladie à l’âge de 34 ans,   Benoit Kongbo est d’abord écrivain, plasticien, comédien et animateur culturel (Centre baobab du quartier Walingba). Il a publié les ouvrages ci-après :

- Automate (poème) revue L’Indicible frontière, Limoges, 2003 ;

- Balénguindi, nouvelles, Harmattan, 2003 ;

- Sous les tropiques du pays bafoué, roman, harmattan, 2005 ;

- Ali boum yé le combat du siècle, roman Oskar, 2008 (Prix des jeunes lecteurs de Saint Quentin-en-Yvelines 2010, 2ème Prix des collégiens de l’Estuaire) ;

- Kitoko Djaz, roman, Opoto 2010 ;

- C’est si triste de ne pouvoir te haïr, roman, Opoto, 2011 …

Vers 2009, il a crée une structure éditoriale dénommée : « les éditions du Baobab ». Les ouvrages publiés par cette structure sont vendus à la Maison de la presse. Ces éditions ont pour objectif de promouvoir les écrits du tiroir.  Benoit Kongbo était également le Coordonateur-Adjoint de l’Association des Ecrivains de Langue Française/Centrafrique (ADELF). C’était vers 2009 qu’il est entré dans le journalisme. En effet, il travaillait au quotidien « Le Démocrate » avant de créer son propre journal : « On dit quoi ». A l’âge de 18 ans, il avait écrit sur la porte de sa chambre : « Tôt ou tard, je partirai ». Malheureusement qu’il est parti tôt. [extrait de Obsèques de notre confrère Benoit Kongbo, directeur de publication du journal « ON DIT QUOI » par Frédéric PERRIERE sur Centrafricmatin ]

Dessin de ouverture : Piazo

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